Le Musée national du Pérou – MUNA : un rêve devenu réalité, équipé des solutions de rangement d’EUN
Le Musée national du Pérou, le MUNA, est l’une des œuvres les plus emblématiques de l’État péruvien portée par le ministère de la Culture. Interview de Nelly Giovanna Faustino Bambarén
En 2014, le ministère de la Culture a lancé un concours d’architecture pour la création du MUNA et en 2016, les travaux d’édification du bâtiment ont débuté. Au terme de cette longue aventure, le 29 décembre 2020, à travers le Décret suprême Nº 18-2020-MC, le Président de la République, Francisco Sagasti Hochhausler, a officialisé la création du Musée national du Pérou, en concrétisant ainsi un souhait républicain de longue date.
Le MUNA a pour mission de veiller sur l’une des plus vastes, importantes et complètes collections de biens culturels mobiliers du pays, dans l’objectif de conserver, étudier, compléter, divulguer et exposer la richesse culturelle péruvienne diverse et variée pour contribuer à forger une véritable identité nationale et sensibiliser l’opinion publique au lien qui unit les Péruviens à leur histoire, et ceci en bénéficiant d’une base et d’un soutien scientifiques.
Le musée a pour vision d’être reconnu à l’échelle nationale comme élément de référence pour la gestion du patrimoine culturel mobilier et du développement des activités muséales et de devenir un symbole culturel de dimension internationale en étant :
- Un centre doté des moyens nécessaires pour encourager le développement culturel et scientifique au niveau national.
- Un organisme ayant des capacités et présentant un fort potentiel pour œuvrer en faveur du patrimoine culturel mobilier.
- Un fonds faisant l’objet de recherches scientifiques et conservé dans des conditions optimales.
- Un centre de recherche doté de laboratoires et d’équipements de pointe qui soutiennent les progrès dans le domaine de la recherche scientifique.
- Un musée davantage axé sur le développement muséographique et doté de salles d’exposition satisfaisant aux exigences muséographiques et aux attentes du public.
- Un organisme qui propose aux visiteurs des activités pédagogiques et de loisirs dans des environnements spacieux, appropriés et bien aménagés permettant de garantir la bonne conservation des œuvres patrimoniales qui y sont stockées.
- Un organisme culturel qui offre d’autres services haut de gamme qui contribuent à la diffusion du patrimoine culturel, tels que l’auditorium, l’amphithéâtre, le centre de documentation spécialisé et l’organisation d’ateliers pour mettre à la portée des habitants de l’environnement immédiat mais également de la population en général, un vaste éventail de prestations.
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Aujourd’hui, nous interviewons Nelly Gioanna Faustino Bambarén. Forte de plus de 20 ans d’expérience dans le monde de la culture, Nelly Giovanna Faustino Bambarén occupe le poste de consultante de la Direction générale des musées du ministère de la Culture du Pérou. Architecte et muséographe, elle a commencé à travailler au MUNA en 2013, lorsque le projet n’était encore qu’une idée. Dans cet interview, nous aborderons avec elle les points forts du MUNA et la contribution d’EUN à ce projet stratégique pour le pays.
Cela fait très longtemps que vous êtes liée au projet du MUNA, lorsque celui-ci en était encore au stade embryonnaire.
C’est exact. J’ai commencé à participer au projet en 2013, lorsque le MUNA n’était qu’une idée, mais le souhait de créer ce musée venait de loin, du début de notre époque républicaine. Pendant près de 200 ans, nous avons ressenti le besoin de disposer d’un grand musée national où se réunir et exposer notre grande diversité culturelle. Finalement, en 2014, lorsque Diana Álvarez-Calderó, la ministre de la Culture en fonction de l’époque, lança l’appel d’offres pour la construction du Musée national du Pérou, parmi les 70 candidatures reçues, ce fut le projet de l’architecte Alexia León qui fut retenu et mis en œuvre. Aujourd’hui, il est terminé à 99,9 %, il ne manque que quelques détails. Nous en sommes actuellement à la phase de déploiement. Sous la direction de Leslie Urteaga, l’actuelle ministre de la Culture, différentes actions sont mises en œuvre avec pour objectif de rendre le musée opérationnel à l’horizon 2024.
Pour ceux qui n’ont pas la chance de connaître ce projet, pouvez-vous nous expliquer brièvement ce qu’est le MUNA ?
Comme je vous disais, le MUNA est un rêve devenu réalité pour notre pays. Comme vous le savez, nous possédons une très grande diversité culturelle au Pérou et elle est reconnue dans le monde entier. Nous sommes l’une des plus anciennes civilisations au monde, voilà pourquoi notre richesse culturelle, matérielle et immatérielle est immense. Pourtant, nous n’avions pas d’endroit où accueillir cette diversité et la partager non seulement avec les visiteurs étrangers mais également avec nos concitoyens, pour leur rappeler d’où nous venons, pour créer notre identité culturelle. En définitive, le MUNA est un espace qui réunit la diversité ethnique, culturelle, sociale et politique du Pérou.
Cela n’a pas dû être facile de mettre en place des installations qui réunissent un patrimoine aussi riche et important.
Non, cela n’a pas été facile, cela a même été très compliqué. Voilà pourquoi j’insiste sur le fait qu’en pénétrant dans ce bâtiment de plus de 65 000 mètres carrés de surface construite, un rêve est devenu réalité. Nous avons vécu des bons et des mauvais moments et nous avons ressenti des sentiments mitigés. Cela va en être ainsi jusqu’au terme du projet, jusqu’à ce que nous puissions partager l’ensemble de notre patrimoine.
Je crois que plus le projet est complexe, plus on y accorde de valeur.
Hormis la partie exposition, le MUNA joue également un rôle important en matière de recherche, n’est-ce pas ?
Effectivement, le MUNA va non seulement être une vitrine de notre culture et attirer davantage de touristes dans notre pays mais il va également susciter l’intérêt des chercheurs. Nous allons enfin disposer d’un lieu où mener des recherches, conserver, restaurer et exposer publiquement notre patrimoine culturel sans nécessité de l’envoyer à l’étranger. Il sera ici, les chercheurs viendront ici l’étudier, et il pourra être conservé, restauré et ensuite exposé au grand public.
J’imagine que le fonds contient d’innombrables objets et contenus de grande valeur dans le musée. Quelles sont vos priorités afin de conserver ce patrimoine ?
Notre fonds primitif est celui qui a appartenu au Musée de la nation. L’exposition fut démontée il y a environ 10 ans et depuis, elle est conservée dans les réserves. Il s’agit d’une collection très variée, qui couvre la période préhispanique mais aussi les périodes coloniale et républicaine. Hormis ce fonds, nous possédons également d’autres pièces issues de saisies et de restitutions. Nos collections patrimoniales sont souvent sorties du pays, de manière clandestine, pour des raisons diverses, dans le cadre de trafics illicites de biens patrimoniaux mais également de prêts à d’autres entités telles que des musées, des galeries d’art, etc. Le problème est que pour différents motifs, ces pièces n’ont jamais été restituées. Le ministère de la Culture a travaillé d’arrache-pied pour parvenir à les récupérer. La plupart sont des pièces uniques qui n’ont jamais été exposées. Elles ont une valeur inestimable, précisément pour cela, parce qu’elles retournent dans leur pays d’origine, qu’elles sont restituées aux Péruviens. Ce sont des pièces de très grande qualité, fruit d’un savoir-faire remarquable. Elles comprennent des tissus de la culture « Paracas », des restes humains, des céramiques, des tableaux, du mobilier, des objets en argent et en or, etc. Ce sont pour la plupart des pièces de grande dimension mais on trouve également des pièces minuscules. Elles sont constituées de matériaux fragiles qui exigent des conditions de conservation particulières.
Voilà pourquoi les espaces de rangement doivent être parfaitement conçus, tant en matière de dimensions que de conditions climatiques (température, taux d’humidité) et d’éclairage.
Que pensez-vous des contributions d’EUN dans le cadre du projet du MUNA ?
Elles ont été précieuses. Dans un premier temps, une équipe d’experts d’EUN s’est chargée
d’aménager la zone de traitement des collections, c’est-à-dire l’endroit où sont gérées les entrées et sorties des biens culturels. C’est un espace qui doit accueillir un mobilier très varié, avec rayonnage fixe ou mobile, pour charges légères ou lourdes, etc. C’est également le cas du centre de documentation, un espace stratégique pour le musée, puisqu’il fait office de vitrine pour attirer les chercheurs et permet d’offrir au grand public les services d’une bibliothèque de qualité. La solution d’EUN a dépassé toutes nos attentes, non seulement d’un point de vue qualitatif mais également au niveau des prestations d’assistance et de conseil.
Dans quel sens, le service de conseil a été bénéfique ?
Pendant la mise en œuvre de la phase 1 du mobilier spécifique, nous avons découvert les différentes solutions de rayonnage d’EUN et leurs avantages respectifs ainsi que toutes les options possibles pour conserver le patrimoine culturel mobilier. Cela nous a permis d’élaborer notre proposition pour les réserves de la phase 2 du mobilier spécifique. Nous ne sommes pas spécialisés dans l’aménagement d’espaces répondant aux caractéristiques des biens patrimoniaux. Nous avons certes quelques notions, nous avons visité d’autres musées du monde et vu d’autres installations mais sans aucun doute, le mobilier fourni pour la phase 1 nous a permis d’avoir un vision plus précise des besoins du MUNA.
Contribution d’EUN au MUNA
En 2021, EUN a fourni les équipements de la phase 1 du MUNA (zone de gestion des fonds et centre de documentation).
Solutions 610 et 620 d’EUN installées lors de la phase 1 du MUNA
D’ici mai 2023, EUN devrait procéder à la fourniture des équipements de la phase 2 du MUNA, phase comprenant cinq salles au niveau - 2 du sous-sol, une réserve pour les pièces en céramique, une réserve pour le matériel lithique, une réserve pour les objets fragmentés et pièces à répertorier, une réserve pour les métaux et les voûtes, une réserve pour les restes humains et enfin, une réserve pour le matériel organique.
Pour la phase 2, il est prévu d’installer des rayonnages fixes, des tables de travail, des meubles à plans et cartes, des rayonnages mobiles à assistance mécanique, des tiroirs, des rayonnages fixes pour charges moyennes et des rayonnages fixes à palettes. Tout récemment, l’installation a réussi le « Factory Acceptance Test », le test d’acceptation en usine qui consiste à valider que l’équipement produit répond aux exigences demandées.
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Solutions 610 et 620 d’EUN installées lors du Factory Acceptance Test de la phase 2 du MUNA
L’installation et la livraison complète de la phase 2 au ministère de la Culture du Pérou sont prévues pour fin mai 2023.

